ZAC Victor Hugo

Curieuse démocratie participative

L'espace naturel qui se situe au sein de la ZAC Victor HUGO à la sortie du RER C fait l'objet depuis quelques années d'un âpre débat concernant son aménagement. A cet effet, un comité de suivi a été créé à l'initiative de la mairie.

Lors de sa première réunion, un certain nombre de personnes ont été désignées arbitrairement par la municipalité (8 personnes de 1'association " Vivre et habiter ensemble le quartier Payret / Zola / Victor Hugo, une personne pour les autres associations). Elles sont les seules à pouvoir siéger. D'autres ont essayé d'y participer. Le maire adjoint chargé de l'urbanisme s'y est opposé. Ainsi lors de la réunion de ce comité qui s'est tenu le 22 mai dernier à la boutique de l'environnement, seuls cinq habitants du quartier Payret / Zola / V.Hugo y participaient, ceux qui avaient été refoulés n'ont eu d'autres choix que de dénoncer cette situation en dialoguant dans la rue avec les audoniens. Situation qui a été portée au paroxysme de l'absurde le 12 juin 2003. Ce jour-là, certains membres autorisés ont été prévenu à 10 h du matin que le comité se réunissait à 17 h 30 le jour même. On voudrait se moquer du monde que l'on ne ferait pas mieux.

L'équipe municipale s'enorgueillit de ce qu'à Saint Ouen, les habitants participent à l'aménagement de leur ville. Elle appelle cela " la Démocratie participative ". Il s'agit d'une fiction. Comment la mairie peut-elle invoquer la démocratie participative et en même temps refuser que des Audoniens participent au comité de suivi ? Et qu'en est-il des personnes récemment installées à Saint Ouen qui n'ont pas participé au premier comité, et pour cause, et qui désirent s'investir dans la vie de leur ville ?

C'est une démocratie de spectateurs, pas d'acteurs.

C. - Saint-Ouen Luttes, n°31 du 14 juin 2003

 

Friche Rer C - ZAC Victor Hugo

Un plan béton

Que va devenir le dernier espace vert libre de la ville de Saint-Ouen et la Zone d'aménagement "concerté" Victor Hugo ? La municipalité a présenté le 28 novembre, à un groupe de pilotage composé de participants choisis par elle, les nouveaux plans concoctés par le Cabinet d'architecte de Roland Castro. Le principal changement se situe au niveau du discours et des modes de présentation. On parle de parc et non plus de square, ce qui laisse entendre une part plus grande consacrée à l'espace vert, et l'on accentue la couleur verte des plans pour masquer le gris des routes et des bâtiments prévus. C'est du tape à l'¦il car, en même temps que les constructions continuent dans cette zone mais aussi de l'autre côté du boulevard Victor Hugo, les "nouveaux" projets de la municipalité sont bien de poursuivre le bétonnage. Actuellement la friche représente, d'après l'association Les Gensvironnes, 3,3 hectares environ, or le nouveau plan viserait à ce que le futur parc soit réduit à 1,2 hectare et que plus de 100 000 mètres carrés (10 hectares), de SHON, Surface Hors Oeuvre Nette, c'est-à-dire des surfaces de planchers aménageables, soient construits. Cela signifierait que l'espace vert serait réduit à 36 % de sa surface actuelle pour être englouti entre des bâtiments dont certains atteindraient jusqu'à 9 étages.

Alors que la pétition pour la préservation de l'espace vert compte 2000 signataires, la municipalité reste toujours dans sa logique de bétonnage du quartier.

Jean Catigny - ( Saint-Ouen Luttes n° 26 du 13 décembre 2002)

 

Saint-Ouen - ZAC Victor Hugo - Friche du RER C

Plus de monde pour l'espace vert que pour "la concertation"

La restitution des réunions thématiques sur l'avenir de la ZAC Victor Hugo s'est tenu le samedi 22 juin matin, salle Payret. Il n'y avait pas foule, seulement une petite trentaine de personnes se sont déplacées. Les responsables municipaux ont fait tourner court le débat en refusant de répondre aux propositions qui étaient faites pour préserver l'espace vert. On peut se demander si la mairie ne veut pas en définitive continuer à construire le plus possible et ne laisser qu'un espace vert symbolique.

Le lendemain de cette réunion, un vide grenier avec un pique-nique suivi d'une pièce de théâtre étaient organisés sur la friche par les partisans de la transformation de l'espace vert en un parc ouvert à tous. Des centaines de personnes qui ne s'étaient pas déplacées à la réunion organisée par la mairie sont venues profiter du soleil et de la verdure. Cela montre l'attachement des habitants pour ce dernier espace de verdure qu'il faudra bien que la municipalité finisse par reconnaître.

De nouveaux moments festifs sont prévus cet été dont, ce samedi 20 juillet, une nuit du cinéma avec pour commencer dès 17 heures des expositions, à 18 heures 30, l'érection de la statue Demoiselle La Friche puis un pique-nique.

Laurent - Saint-Ouen Luttes n°23 - 19 juillet 2002

 

Saint-Ouen - ZAC Victor Hugo - Friche du RER C

La réalisation d'un véritable parc ne coûtera pas " 100 briques " !

Les "ateliers de travail", bref les réunions ouvertes à la population, sur l'avenir de la ZAC Victor Hugo viennent de s'achever ce 28 mai. On ne sait pas encore comment la municipalité va prendre en compte les revendications portées des habitants pour transformer l'unique espace vert du quartier en un véritable parc ouvert sur le quartier. L'utilisation de la presse municipale (cf. article "Pour 100 briques, t'as une friche !", Saint-Ouen Ma Ville, mai 2002) semble montrer une volonté de la municipalité de ne pas prendre en compte la volonté des 2000 pétitionnaires afin de préserver le dernier espace vert du quartier des bétonneurs. En effet, Saint-Ouen Ma ville avance que conserver cet espace vert coûterait " 100 briques ", les budgets présentés montrent que cela empêcherait de vendre des terrains aux promoteurs immobiliers lesquels rapporteraient à la mairie 85 millions de francs (MF) et que cela coûterait 10 MF de travaux supplémentaires.

Dès la présentation de ce budget, les habitants ont souligné que l'on pouvait empêcher le déficit annoncé : 1) en obtenant les terrains gratuitement de l'Etat, ce qui avait été promis par l'ex-ministre des Transports et qui est encore plus envisageable si les terrains transformés en parc restent dans le domaine public : ceci représenterait une économie de 27 MF ; 2) en faisant admettre que les travaux de voiries, de réseaux d'éclairage, d'électricité, d'eauŠ ne seraient pas en hausse avec un parc mais en baisse de 18 MF ; 3) en demandant des subventions auprès de la Région pour l'aménagement du parc (2 à 4 MF). Les experts et élus présents ont été obligés d'admettre la pertinence de ces suggestions.

Un document réalisé par l'association "Les Genvironnes et la terre est bleue comme une orange" (collectif Friche en ville) souligne que des économies supplémentaires pourraient être réalisées et demande que ces propositions soient étudiées avec les experts et les élus. Mais ceux-ci ont refusé, lors de la dernière réunion, de ré-aborder la question du budget. On s'éloigne ainsi de l'objectif de démocratie participative dont se targue la mairie. La municipalité finira-t-elle par écouter les propositions des habitants ? On en saura plus lors de la réunion publique de restitution des ateliers qui se tiendra le 22 juin de 10 heures à midi dans un lieu qui n'a toujours pas été communiqué.

Jean Dessaules Saint-Ouen Luttes n°22 - 2 juin 2002

 

Friche - ZAC Victor Hugo :

Les travaux avancent, la concertation commence, la résistance s'intensifie...

L'aménagement de la ZAC Victor Hugo, à côté de Clichy et du RER C, mobilise toujours les habitants déterminés à ne pas laisser le quartier aux bétonneurs.

Le 15 mars s'est tenu à la mairie une réunion censée préparer l'organisation de groupes de travail avec la population, or cette réunion, qui aurait dû se tenir fin janvier, n'était ouverte qu'aux personnes sélectionnées par la mairie. C'est ainsi qu'une vingtaine d'habitants qui souhaitaient participer aux travaux n'ont pas eu l'autorisation d'entrer. Un premier groupe de travail, ouvert à l'ensemble de la population devait se tenir le 25 avril 2002. Le collectif "Friche en ville" a fait des propositions précises pour le maintien des espaces verts et contre le tout-automobile et le tout bureau mais elle s'interroge sur la volonté municipale d'être à l'écoute de la population. En effet, M. Bentolila, l'adjoint à l'urbanisme, a annoncé à plusieurs reprises que " au final, ce sont les élus qui prendront la décision et que, si l'on n'est pas d'accord, il faudra pas voter pour eux lors des prochaines élections ". Ceci semble avoir été fait ; mais, alors que cette concertation commence, les travaux continuent...

Le collectif d'habitants accueille le Festival des résistances et des alternatives qui se clôturera, sur la friche à côté du RER C, le 4 mai à partir de 11 h et le 5 mai à partir de 13 h (pique-nique, musique, projections, débats, expo photos...).

 

Jean Delarbre Saint-Ouen Luttes n°21 - 25 avril 2002

Friche - ZAC Victor Hugo

 

En attendant la concertation, les travaux continuent...

 

L'aménagement de la ZAC Victor Hugo, à côté de Clichy et du RER C, mobilise toujours les habitants déterminés à ne pas laisser le quartier aux bétonneurs. Une centaine de personnes souhaitant que la parcelle non construite soit consacrée à un espace vert étaient présents au pique-nique du 2 mars où était accueilli José Bové l'ex-défenseur du plateau du Larzac menacé dans les années 1970 d'être transformé en camp militaire. Trois jours après, ils décidaient de transformer le collectif " Une friche en ville " en une association pour formaliser leur action et notamment pouvoir agir en justice. Le 15 mars s'est tenu à la mairie une réunion censée préparer l'organisation de groupes de travail avec la population. Cette réunion, qui aurait dû se tenir fin janvier, n'était ouverte qu'aux personnes sélectionnées par la mairie. Pour l'adjoint à l'urbanisme : " ce n'est pas une réunion publique mais une réunion privée à laquelle j'invite qui je veux ". C'est ainsi qu'une vingtaine d'habitants qui souhaitaient participer aux travaux n'ont pas eu l'autorisation d'entrer dans la mairie. Le service de sécurité et les grilles ont bloqué l'entrée alors que les habitants souhaitaient juste pouvoir participer. Les résultats de cette réunion n'ont pas été communiqués à la population. Vraisemblablement les prochains groupes de travail devraient être ouvert à l'ensemble de la population. Toutefois, le premier " atelier thématique : la question de l'aménagement de certains espaces publics " prévu le 8 avril a été repoussé à une date qui n'a toujours pas été divulguée. En attendant, les travaux continuent...

 

Laurent Saint-Ouen Luttes n°20 - 28 mars 2002

Friche - ZAC Victor Hugo

Les habitants face aux pelleteuses

Le maire et l'adjoint à l'urbanisme avaient promis aux habitants du quartier que des groupes de travail se mettraient bientôt en place pour débattre de l'aménagement de la ZAC Victor Hugo. On pouvait être sceptique sur cette proposition car elle ne précisait ni la composition de ces groupes de travail, ni leurs objectifs - s'agissait-il de débattre de la couleur de la peinture des bancs ou de la préservation et de l'aménagement des espaces verts ? -, ni même des dates et des lieux où se dérouleraient ces "concertations".

 

Mais la municipalité ne s'est pas embarrassée de ces questions puisqu'elle a décidé d'engager de nouveaux travaux sans mettre en place ces groupes de travail. C'est ainsi que des pelleteuses ont commencé, le lundi 18 février, à enlever la terre qui longeait la rue Arago. Les jours qui ont suivi, les habitants ont exigé du chef de chantier l'arrêt des travaux et ont demandé que des représentants municipaux viennent expliquer ce qu'ils étaient en train de faire et pourquoi ils revenaient sur leur parole. Ces actions montrent la détermination des habitants, elles permettent des arrêts ponctuels des travaux (pendant une journée complète mercredi) mais les élus responsables ne daignent pas se déplacer pour préciser leurs projets et c'est la police qui disperse ces rassemblements, allant même jusqu'à interpeller des manifestants.

 

La municipalité s'est vantée de vouloir faire de la démocratie participative, d'être à l'écoute des habitants, de prendre en compte leurs attentes... C'est du discours, dans les faits elle prend ses décisions avec et sous la pression des promoteurs immobiliers, et c'est à la police que les habitants ont à faire.

Laurent Saint-Ouen Luttes n°19 - 22 février 2002

Friche - ZAC Victor Hugo

Le poumon vert étouffé ?

 

Le 19 décembre, la nouvelle rencontre, place Payret, sur l'avenir de la ZAC Victor Hugo a attiré une cinquantaine de personnes décidées à bien marquer leur opposition au projet de bétonnage du quartier. Le cabinet d'architecte Roland Castro absent, c'est la SIDEC société d'aménagement, le maire et le premier adjoint ainsi que des techniciens municipaux qui sont venus défendre le projet. Maquette, photos d'ambiance " future "É ont permis de montrer précisément quelles sont leurs intentions. La maquette démontre que le poumon vert se transformera en peau de chagrin si le projet aboutit. En outre, les habitants s'inquiètent du raccordement à l'autoroute des voies qui seraient construites. En effet, quelle que soit la taille du poumon vert, celui-ci va se trouver asphyxié si une desserte de l'autoroute débouche dans l'avenue Victor Hugo.

Cette réunion a montré aussi que l'ensemble des habitants du quartier, quelle que soit leur sensibilité (comité de quartier, collectif Une friche en ville, élus locaux, anonymesÉ), sont opposés au projet qui leur a été présenté. On aurait trop vite fait de croire qu'ils défendent égoïstement leur cadre de vie le plus proche car la transformation de la friche en un parc urbain, avec toutes les possibilités que cela offre (jardins biologiques, espaces de rencontre, de pique-niqueÉ) est profitable à l'ensemble de la population audonienne mais aussi au-delà.

La question qui se pose maintenant est : est-ce que l'on peut faire reculer les bétonneurs ? Le désaveu porté à leur projet lors des différentes rencontres publiques, la pétition qui a recueilli plus de 1500 signatures, l'échec de l'implantation de la Société généraleÉ plaident pour qu'ils revoient leur copie de fond en comble. Mais ils n'en semblent pas prêts : la SIDEC diffuse déjà une plaquette présentant le projet, refusé par les habitants, auprès des entreprises ; la mairie, quant à elle, a annoncé la constitution de petits groupes de travail pour le 16 janvier. Or, on ne sait pas qui composera ces petits groupes, ni sur quoi ils devront travailler. La maire et son premier adjoint n'ont même pas daigné dire aux habitants où se tiendrait cette rencontre constitutive du 16 janvier. A nouveau, c'est l'opacité qui prend le dessus. Pour empêcher l'étouffement du poumon vert, il faut que les habitants restent unis pour défendre leur contre-projet.

 

Laurent Saint-Ouen Luttes n°18 - 11 janvier 2002

ZAC Victor Hugo

A qui vont servir les bureaux vides ?

 

La ZAC (Zone d'aménagement " concerté ") Victor Hugo a conduit à la construction de nombreux bureaux de luxe. L'Euroatrium qui vient de sortir de terre représente 32 000 m2 ; l'ensemble Eurosquare 1 et 2, dont les travaux viennent de commencer, comprend deux immeubles de bureaux de prestige de 15 200 m2 et 17 600 m2. Le collectif " Une friche en ville " a déjà souligné les dommages que pouvaient causer aux habitants la construction d'un boulevard urbain et la disparition du dernier grand espace vert de la ville.

La décision de la Société générale de ne plus s'installer dans l'Euroatrium pose à nouveau la question de l'utilité de ces constructions de bureaux. La Société générale continue à payer 5,3 millions par mois à la compagnie d'assurances Generali, propriétaire de l'Euroatrium, la location d'un immeuble qu'elle n'occupe pas. " Tant que la Société générale paie son loyer, ce n'est pas mon problème... ", estime, cyniquement, la directrice de l'immobilier de la compagnie.

Voici donc une opération immobilière soutenue par les grands groupes capitalistes, la ville de Saint-Ouen, le Conseil général (via sa société d'aménagement la Sidec), le ministère des Transports (qui a donné ces terrains à la ville) qui, en plus de gêner les habitants n'est, à première vue, utile qu'à Generali qui se fout de louer des bureaux fantômes.

L'Euroatrium et l'Eurosquare qui comptent 64 800 m2 de bureaux représentent environ 650 appartements de 100 m2, ou 1000 de 65 m2, ou encore 1300 de 50 m2. Ces chiffres colossaux sont à mettre en rapport avec les à peine 300 logements sociaux que le bureau du logement a attribué en 2000. On voit ainsi quels choix sont faits par les capitalistes et les pouvoirs publics : héberger du vide et laisser les populations ouvrières dans les taudis. La municipalité avance que, dans le cadre de la ZAC, quelques logements pourront être construits sur la friche du RER. Or les habitants veulent conserver cet espace vert. Si elle veut vraiment répondre aux besoins de la population, la mairie doit préserver cet espace vert, et réquisitionner et aménager ces bureaux de luxe pour qu'ils deviennent des habitations.

 

Jean Duchêne Saint-Ouen Luttes n°17 - 6 décembre 2001

Friche RER Victor Hugo

A propos du poumon vert

 

Environ 80 habitants étaient présents à la réunion qu'ils avaient demandée pour avoir une explication sur l'avenir de la friche Victor Hugo. La maire et l'adjoint chargé de l'urbanisme avaient convié un représentant du cabinet d'architecte Roland Castro et un représentant de la Sidec, société d'économie mixte chargée de l'aménagement sur le 93.

Ceux-ci se sont lancés dans une présentation du projet qui n'a guère convaincu l'assistance. Quel serait le flux de voitures sur le boulevard urbain ? quel sera le nombre de voies ? quel espace sera réservé aux espaces verts ? aux bureaux ? aux logements ? quels types de logements seraient construits ? à toutes ces questions, les réponses des " experts " sont restées évasives.

De leur côté, les élus ont promis qu'un plan précis du projet serait transmis aux audoniens et qu'une nouvelle rencontre aurait lieu. Mais, eux non plus, n'ont pas convaincu les participants. Les habitants s'interrogent sur le bien fondé de ces réunions où l'on ne sait pas si l'équipe municipale est là pour prendre en compte l'avis de la population ou pour donner des informations qui, dans tous les cas, sont floues et qui arrivent le plus souventaprès le lancement des travaux.

Unanimement, les habitants ont rappelé leur volonté de conserver le poumon vert que constitue la friche. Ils entendent rester vigilants, ils ont raison. On peut contacter le collectif Une friche en ville, chaque dimanche à partir de 14 heures sur la friche (rue Arago, derrière l'entrée du RER C).

 

Jean Dubuisson Saint-Ouen Luttes n°16 - 27 octobre 2001

Friche du RER - Victor Hugo

 

Saint-Ouen

Vert : le dernier carré

Pendant l'été, un morceau du boulevard urbain qui ampute l'unique espace encore vert du quartier Victor Hugo a été construit, sans que les voisins de cette voie en soient ne serait-ce qu'informés. La maire invite a denouvelles rencontres pour " discuter " des projets. Pourtant, aucun plan précis des projets urbanistiques n'est fourni. Ainsi celui donné dans le Saint-Ouen Ma Ville de juillet 2001 est à lire avec une loupe, n'est pas à l'échelle, n'a pas de légende et ne distingue pas l'existant des travaux opérés de ceux projetés.

Une pétition contre le boulevard urbain et pour la préservation de l'unique espace vert du quartier, a recueilli un millier de signatures. Les pétitionnaires formulent de nombreuses suggestions pour l'aménagement de la friche : un parc, un kiosque, des jeux pour les enfants, des arbres, des jardins ouvriersÉ Conserver à Saint-Ouen ces derniers mètres-carrés de verdure serait évidemment positif.

 

Jean Dubois Saint-Ouen Luttes n°15 - 28 septembre 2001

SAINT-OUEN

 

Un boulevard urbain à Victor Hugo ?

Il y a 30 ans ce devait être une autoroute. C'est maintenant un boulevard urbain qui va couper le quartier Victor Hugo et amputer une friche. Le problème, c'est l'autoroute A15 qui vient de Cergy et qui s'arrête à Gennevilliers. Il faut, paraît-il, une voie plus rapide qui évite aux voitures de se perdre dans Clichy ou de faire un détour pour rejoindre Paris. Le ministre des transports, Monsieur Gayssot, l'a confirmé le 20 juillet 2000, le boulevard urbain est inscrit au contrat de plan Etat-Région pour un montant total de 300 millions de francs. Le 12 décembre dernier, les maires de Clichy et de Saint-Ouen s'accordent sur un projet de "réalisation d'un boulevard urbain aérien entre le boulevard Victor Hugo et la voirie parisienne [Porte Pouchet] avec deux fois une voie, un site propre de transport en commun dans chaque sens".

Et pourtant la mairie de Saint-Ouen avait obtenu en 1989 l'enfouissement du RER, au même endroit, afin d'éviter la coupure du quartier. Depuis 10 ans, elle exige "l'abandon de tout projet routier en surface" et la "création d'un parc urbain sur les terrains de l'Etat" (juin 1996). Maintenant que ces terrains lui appartiennent ce n'est plus à l'ordre du jour. Mais les institutions concernées, le Conseil de Paris, le Conseil régional, le tout récent Plan de Développement Urbain (PDU) nous gavent de mots tels que : "écologie urbaine, circulations douces, réduction des bruits, transports collectifs, développement du fer et du rail" et la loi sur l'AIR de 1996 qui recommande la diminution du trafic auto ! Et là, ils créent un couloir à bagnoles sous les fenêtres des HLM.

A raison de 2800 voitures à l'heure, comme le montre le comptage au pont de Gennevilliers, même si la ville de Saint-Ouen confie à l'architecte Roland Castro la responsabilité d'habiller ce boulevard et de construire sur ce qui restera de la friche du RER, même avec des arbres, même avec une piste cyclable en bordure, même à deux voies, ça reste une grosse route bien bruyante et bien polluante. A Clichy, ce boulevard urbain est attendu comme une solution miracle. Mais cet entonnoir risque d'être très vite saturé et les voitures se répandront à nouveau et dans Clichy et dans Saint-Ouen. La A15 a été conçue à une époque où l'on ne pensait qu'à la bagnole. Aujourd'hui améliorons les transports en commun. Par exemple, davantage de régularité et de fréquence du RER C, des liaisons inter-banlieues, le billet moins cher, et pourquoi pas une gare d'eau sur la Seine à Saint-Ouen. Faire ce boulevard c'est continuer le "tout voiture" d'il y a 20-30 ans, c'est polluer davantage un quartier déjà saturé, après une consultation pour la forme, c'est mépriser les habitants. Un pétition circule. Le Dimanche à 14H00 venez en parler sur la friche (sortie du RER rue Arago).

 

Jean Desprez - Saint-Ouen Luttes n°13 du 12 mai 2001

Saint-Ouen Luttes est un journal animé par des communistes révolutionnaires, des anarcho-syndicalistes, des membres d'associations de chômeurs, de quartiers... Il est disponible en ligne sur Saint-Ouen Luttes .

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